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Sableuses sculptures

Une montagne de sable de 350 m3 se transforme en sculptures éphémères sur la plage de Pornichet, format XXL précolombien. À en faire pâlir de jalousie les parents qui friment devant les bambins en leur montrant comment faire des pâtés.

C’est la quatrième année que se déroule cette manifestation estivale. Elle est toujours aussi impressionnante de par la dextérité et le savoir-faire des artistes et par ce sable façonné à la main qui reste en place, semblant figé par un lien enchanté.
« Ce n’est pas un tour de magie » explique Laurent Sadrin, le créateur et chef d’équipe du groupe Mieux dans l’sable : « Il faut que l’intérieur de la masse soit humide ; et puis, il faut que le sable soit très compact et l’on arrose aussi en surface ».
Laurent Sadrin est sculpteur sur sable depuis trente ans, il a payé une partie sa formation aux Beaux arts en exerçant déjà ado cette activité auquel il consacre désormais tout son temps.
 

Rencontre avec l’artiste du sable

« - J’ai commencé en solo et j’ai créé le groupe Mieux dans l’sable voilà douze ans. J’ai choisi des amis, il faut avoir d’abord de grandes qualités humaines avant d’être plasticien ; nous sommes aujourd’hui 17 dans mon équipe de Marchand de sable ».

- Pourquoi le sable et pas la glace par exemple ?
- La glace ! Suffit de prendre une tronçonneuse ou se balader dessus avec un scooter des neiges, c’est bruyant et pas du tout zen. Mais, je peux sculpter n’importe quelle matière.

- Ce n’est pas un métier trop estival ?
- Non, je sculpte aussi l’hiver, j’étais à la Baule en janvier dernier, après à Nouméa et en décembre à Saint-Etienne. Je suis en tournée entre six et huit mois de l’année.

- C’est l’art précolombien qui est le thème choisi cette année ; devant la puissance et le génie de cette civilisation, l’inspiration vient forcément ?
- C’est moi qui ai proposé le thème, et je me suis aperçu (sourires) que l’on est en plein dans le mouvement avec nombre d’émissions qui parlent de la fin du monde (NDLR 12 décembre 2012) avec des prédictions à la c… issues des calendriers mayas et aztèques.

- Vous travaillez sur plan ?
- J’ai pas mal de documents, mais je veux voir le tas de sable avant pour voir ce qu’il donne, par exemple, si je vois une bosse, j’imagine comment je vais l’utiliser, comment elle va être modelée.

- Le sable est une matière difficile à travailler ?

- Non, oui, nos ennemis sont le vent et le soleil, alors, on arrose, on entretient, parfois, il faut faire de la « retape ». Mais, ici, ce n’est pas grave puisqu’on sculpte des vestiges ; s’il y a de l’érosion, la sculpture prend 200 ans en deux jours, on essaye justement de pas trop les peaufiner pour que cela ressemble à de l’ancien.

- Ça rapporte comme métier ?
- J’en vis, mais, c’est aussi des mois de bureau, nous sommes une petite PME, en gros, pour être gentil, je vais dire que c’est 70 % de bureau pour 30 % dans la lumière.

- Le côté éphémère des oeuvres ?
- C’est le jeu de toute façon, je dois en être à 2 000 sculptures, comment les stocker ? Et je n’aurais pu en faire autant avec une autre matière, là c’est plus rapide. Et puis, un de mes slogans, c’est Releveur de commissures de lèvres, un beau métier, non ? ».

Prochaines destinations pour Laurent Sadrin et son groupe, Aix en Provence, puis Lausanne.
La fresque est mise en lumière et en musique chaque soir grâce à un musicien-plasticien Léo Plastaga pour découvrir d’une autre manière l’œuvre Grain de sable . Le site est gardé 24 heures sur 24 à titre préventif.


Pratique :

Visible Plage des libraires jusqu’au 20 août et plus ... jusqu’à disparition.
Mise en lumière au coucher du soleil.


 

Auteur : JRC | 16/08/2012 | 0 commentaire
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