Depuis 2019, un groupe appelé Némésis s’est installé dans l’espace public en prétendant défendre les femmes et les droits féminins, mais son discours recèle des contradictions profondes. Le collectif utilise des mots-clés tels que féminisme, islamophobie et solidarité, tout en entretenant des liens avérés avec l’extrême droite identitaire. À lire ce qui suit, vous comprendrez pourquoi de nombreux observateurs parlent d’une récupération politique et d’un usage instrumental de la cause des femmes.
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Qui dirige Némésis et quelles sont ses racines?
Le collectif a émergé fin 2019 autour d’activistes issues de milieux identitaires. La figure la plus visible se présente sous le nom d’Alice Cordier, pseudonyme derrière lequel se dessine un parcours lié à des réseaux royalistes et nationalistes. Plusieurs membres ont ensuite tissé des connexions avec des groupes radicaux, en France et à l’étranger.
Des contacts documentés montrent des proximités avec des collectifs d’ultra droite, parfois violents, et des militantes ayant travaillé pour des formations politiques d’extrême droite. Ces trajectoires expliquent en grande partie la stratégie de communication agressive adoptée par Némésis. La genèse du mouvement éclaire sa logique politique plus qu’elle n’explique un engagement féministe authentique.
Leur discours se revendique-t-il vraiment féministe?
Sur le papier, Némésis affiche des banderoles sur les violences faites aux femmes et publie des images de solidarité. En pratique, son agenda privilégie les récits où l’oppresseur est immédiatement identifié comme musulman ou étranger. Ce filtrage impose une hiérarchie des victimes et réduit le féminisme à un slogan instrumental.
Le collectif adopte des positions contraires aux droits reproductifs, ce qui provoque une dissonance majeure avec les valeurs féministes universelles. Lorsqu’une organisation se dit féministe mais récuse le droit à l’avortement, la contradiction ne relève plus d’une nuance mais d’une position politique incompatible. Cette orientation révèle une priorité idéologique qui n’est pas celle de l’émancipation des femmes.
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Pour vous repérer, observez les causes réellement défendues et celles soigneusement ignorées. Le silence sur les inégalités salariales ou la répartition des tâches domestiques trahit une sélection volontaire des combats. Némésis choisit ses cibles en fonction d’une grille identitaire plutôt qu’en fonction de l’intérêt des femmes elles-mêmes.
De quelle façon Némésis instrumentalise-t-elle les mobilisations en Iran?
Après la mort de Mahsa Amini, des mouvements populaires iraniens ont exigé des libertés fondamentales sous la bannière « Femme, Vie, Liberté ». Ces protestations sont nées d’actrices locales et d’une lutte autonome. Némésis a rapidement récupéré ces images pour orienter la colère vers des cibles nationales, notamment les mosquées et les populations musulmanes en France.
Plusieurs tactiques reviennent fréquemment dans leurs actions :
- insertion dans des cortèges de solidarité avec caméras et banderoles pour capter l’attention médiatique;
- accusation systématique de communautés musulmanes comme unique source de l’oppression des femmes;
- mise en scène d’interventions spectaculaires destinées à alimenter des plateaux télévisés complaisants.
Ce mode opératoire transforme la solidarité en instrument politique. La parole des Iraniennes est alors dépossédée et redirigée vers un agenda islamophobe, ce qui ne sert ni à protéger les militantes locales ni à soutenir une vraie émancipation.
Quels sont les liens réels entre Némésis et l’extrême droite?
Des enquêtes et révélations médiatiques ont documenté des échanges et des collaborations entre membres de Némésis et des groupes néonazis ou identitaires. Ces interactions comprennent des actions coordonnées, des soutiens communs et parfois des approches violentes envers les opposants. Les alliances sur le terrain complètent une logique politique partagée.
Des militantes ont aussi exercé des fonctions proches de partis d’extrême droite ou participé à des listes électorales. Ce croisement entre activisme de rue et réseaux institutionnels facilite la normalisation de positions radicales au sein des médias et de l’agenda public. La juxtaposition d’images féministes et d’alliances d’extrême droite contribue à brouiller les repères.
La stratégie la plus efficace consiste à provoquer, filmer la réaction et capitaliser médiatiquement sur la victimisation. Ce procédé, qualifié par certains chercheurs d’« agitation-propagande », vise à créer un volume d’attention important avec des moyens limités.
Qu’est-ce que le fémonationalisme et en quoi cela concerne Némésis?
Le concept de fémonationalisme décrit l’usage de la rhétorique féministe par des mouvements nationalistes pour légitimer des politiques anti-immigration et islamophobes. Il s’agit d’exploiter la souffrance des femmes pour justifier des mesures répressives contre des communautés entières. La recherche sur ce phénomène rappelle que le vocabulaire des droits peut être détourné.
Dans le cas présent, Némésis illustre le mécanisme : identification sélective des oppresseurs, surmédiatisation des cas choisis, et refus des revendications féministes universelles. Cette pratique polarise le débat public et affaiblit les luttes féministes inclusives. Le fémonationalisme légitime une hiérarchie des vies en opposant des victimes supposées.
| Critère | Féminisme inclusif | Fémonationalisme |
|---|---|---|
| Approche des droits reproductifs | Défend le droit à l’avortement et l’autonomie corporelle | Peut s’opposer à l’avortement pour des raisons identitaires |
| Cible des violences | Analyse structurelle et transversale des violences | Met l’accent sur des violences supposées liées à l’immigration |
| Relation aux communautés | Solidarité intercommunautaire et respect de la parole des concernées | Stigmatisation et instrumentalisation des femmes issues de l’immigration |
| Usage médiatique | Plaidoyer informé et fondé sur des données | Mises en scène et provocations pour capter l’attention |
Pourquoi l’absence de réactions sur Gaza est-elle significative?
Depuis 2023, de nombreuses organisations internationales ont dénoncé des violences massives à Gaza, y compris des violences sexuelles et des atteintes graves aux civils. Face à ces faits documentés, Némésis demeure remarquablement silencieuse. Ce silence interroge la cohérence de ses engagements publics et révèle une sélection politique des causes.
Lorsque des groupes prétendent défendre les droits des femmes mais taisent des violences massives perpétrées par des forces soutenues par leurs alliés politiques, on observe une hiérarchisation des victimes selon des critères géopolitiques. Cette hiérarchisation fragilise toute prétention émancipatrice.
Comment reconnaître une récupération idéologique dans l’espace public?
Plusieurs indicateurs permettent de repérer une appropriation politique des luttes féministes. D’abord, la répétition d’un schéma : mise en lumière exclusive d’agresseurs appartenant à une même catégorie ethnique ou religieuse. Ensuite, la conjonction d’un discours moraliste avec des positions conservatrices sur les droits des femmes. Enfin, la proximité ou la collaboration avec des acteurs d’extrême droite.
Vous pouvez vérifier les sources, les alliances publiques et les prises de position sur des sujets transversaux. Une organisation qui se préoccupe véritablement des droits féminins s’engagera sur tous les fronts, des violences domestiques aux inégalités économiques en passant par l’autonomie reproductive. La cohérence des combats reste le critère le plus fiable.
La vigilance citoyenne et journalistique joue un rôle central pour éviter la banalisation de ce type de récupération. Demander des preuves d’engagement concret plutôt que d’images et de slogans contribue à protéger les luttes sociales authentiques.
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Juriste spécialisé en droit côtier, Basile décrypte les lois locales et leurs impacts nationaux. Son approche ? « Le juridique n’est pas une jungle si on l’explique avec des cas concrets. » Il collabore avec des associations citoyennes depuis 2017.
