
À Saint-Nazaire, l'avenue de la République est reconnue comme sinistrée, avec plus de 80 vitrines vides de la gare à la mairie. Les causes souvent évoquées, à part la crise économique est l'installation de la ligne de bus hélYce puis les travaux du Cœur carré. Le ratio commerce fermé/habitant est largement supérieur à Pornichet. Plus d'une vingtaine de boutiques sont fermées du marché à la gare, mais au contraire de la sous-préfecture, de la Baule, de Guérande ou encore de Batz ou du Pouliguen, il y a eu peu de gros travaux en centre-ville. Comme à Saint-Nazaire, les parkings payants ont été installés au cours du dernier mandat, les avis sont très partagés concernant leur efficacité, « pour faire tourner quelles voitures ? Regardez toutes les places disponibles, il n'y a personne ! » observe une commerçante de l'avenue De Gaulle.
À part les Renc'Art, les animations sont rares depuis deux ans, sinon celles que tentent bravement quelques associations, au point que pendant les dernières vacances de Noël, dans la ville éclairée plus qu'à l'économie, aux quelques visiteurs qui demandaient « s'il y avaient des animations » les commerçants devaient répondre « non, pas cette années », avec la furieuse envie de dire « l'animation, c'est de chercher les animations... ». « C'est minable », à la Baule même si le Noël est plus ou moins Magique les jours de tempête, « l'avenue de Gaulle au moins, elle est éclairée, ici c'est à tâtons ».
Au marché, la place et les halles sont plus fréquentées mais ailleurs « à part à l'église pour les enterrements, il n'y a pas grande animation, dommage que le cimetière ne soit pas en ville, au moins on verrait passer du monde à pied » grinçait un autre commerçant.
Le linéaire commercial ? Les quelques commerçants qui sont informés de la mesure de préemption récemment votée sont furieux. « Un bon moyen de faire baisser les prix des fonds».« Les commerces fonctionnent quand il y a des clients, on n'est pas là pour décorer la ville ».
Encourager le commerce de proximité ? « Pff, proximité de quoi ? Vous les voyez, vous, les élus faire leurs courses à Pornichet ? « La petite (boucherie ndlr) Pornichette près du marché, elle a fermé avant même d'avoir obtenu des panneaux pour se faire connaître ! ». Les commerces fermés agacent bien des passants, « c'est pire qu'à Saint-Nazaire ». Et effet, des vitrines douteuses placardées de pancartes « à vendre » découragent les promeneurs, et les possibles acquéreurs, « ça ne marche pas à Pornichet le commerce ? » Disent ceux qui viennent « avec l'idée de s'installer ». Place du marché après un feu, une boutique reste fermée depuis des mois, la façade dévastée, obturée par de mauvaises planches clouées. « On croirait que la guerre est passée ».
En ce qui concerne l'hôtellerie, les autorisations d'installation ont été décidées sans concertation avec la profession, au risque de mettre en péril les entreprises implantées. La nouvelle maison de retraite, construite à distance du centre interdira aux pensionnaires de venir facilement (à pied) en ville.
L'avenue de Mazy reste déserte ; la mairie a eu beau « acheter les Licence IV par paquets de cinq », dit un patron de bar, « ce n'est pas la solution». « On va être une ville de vieux dit un autre, parodiant les Guignols, souper à 7 h 00, à 8 h 00 les dents dans le verre, et au lit ». La Charte des « dépits de boissons » a laissé des traces.
Pour les autres quartiers, pas mieux, à Sainte-Marguerite les commerçants restent isolés, dans les nouveaux immeubles de Saint-Sébastien, les cellules des rez-de-chaussée seront « réservées » aux commerces... « s'il en vient, et surtout s'il en reste ».
L'office de Tourisme « à qui on ne demande rien d'autre que d'aller chercher du monde » patauge et s'enlise chaque année davantage de déficit en déficit, en faisant « ce qu'il ne sait pas faire », (référence aux concerts), « génial de pouvoir se permettre de perdre 100 000 € en une seule soirée, et de se faire renflouer par la commune » raille un commerçant qui vient de discuter une facilité de découvert à la banque. La « nouvelle » directrice de l'office de Tourisme , ne visite pas les commerces, n'a provoqué aucune réunion, « on n'a reçu que les appels de cotisations et la demande de pub » se plaint un hébergeur professionnel. Les affiches, contraires pourtant à la règlementation communale fleurissent pendant des mois pour la promotion de la vedette de l'été à l'hippodrome, alors « forcément ça agace » ceux qui « payent pour leur communication extérieure ».
Les entreprises, de la zone du PAPA sur la route de Saint-Nazaire peinent à s'implanter. Pornichet n'a pas su développer son économie dans cette zone qui semble favorable géographiquement. « C'est sympa d'habiter Sainte-Marguerite et de travailler ici», indique un salarié d'une société de services. Oui, si l'entreprise ne décide pas de déménager zone de Brais...autre « zone CARENE » mais en en plein développement.
La municipalité continue de réglementer, fermant par exemple le pourtour du marché dès avril, pour raisons « de sécurité » y compris le mercredi, « pour apprendre aux clients à passer par ailleurs » note une commerçante dépitée. « Il faut faire venir des « enseignes et des commerçants » entend-on. Mais « tant que les élus prendront le problème à l'envers, les rues seront vides, les commerçants viennent et restent quand ils savent trouver des clients pour leurs produits ou services, certains appellent cela « des études de marché », s'amuse un jeune créateur d'entreprise qui n'a pas retenu Pornichet. « Un choix d'image, d'énergie, d'environnement économique, je reçois des clients... Pourtant j'aurais préféré, ça aurait été plus cool pour les gamins, mais avoir un bureau ici, c'est comme aller discuter un gros contrat et arriver en guenilles avec une bagnole pourrie, ça ne donne pas confiance ». Mais l'hippodrome ? Le parc paysager ? La Thalasso des Tourelles ? « Sûrement, mais mes clients, ils ne restent pas dans des boxes ou dans la piscine, ils passent en ville aussi.»
Les commerces avaient réussi la conversion vers une ville « habitée à l'année », « on rebascule vers le commerce d'été, et encore... », s'insurge un commerçant du centre ville, « si c'est comme ça, je ferme en octobre et je reviens en mai, non, même pas, en juin ! ». Conclut-il, bougon.
La prochaine équipe municipale devra être très expérimentée en ce qui concerne le tourisme et le commerce. Les adjoints devront parfaitement connaître le tissu de la ville et surtout être capables de fédérer les « acteurs économiques » autour d'actions préparées en concertation, en « corrigeant les maladresses de relations des années passées, et je ne parle pas de politique » indique un artisan « toujours prêt à jouer le jeu » mais qui ajoute « sinon je me barre ! ».
L'attente est forte mais à la veille des élections, les programmes que vont présenter les différents candidats ont-ils des réponses ? Quels seront les adjoints pressentis pour ces postes techniques et très relationnels, comment seront-ils perçus par un groupe très hétérogène qui a souvent du mal à s'engager dans des actions communes ? Il leur reste quelques réunions pour « vendre » leurs solutions. Les visites des candidats ont commencé, laissant les commerçants dubitatifs, « on les aura vus au moins une fois, ils viennent nous faire des sourires pour avoir nos voix...», s'amusant de « ceux qui sont déjà venus et de ceux qu'on n'a pas encore vus ». C'est dit comme sur l'air de La famille tortue (jamais on a vu, jamais on ne verra, la famille Tortue courir après les rats).
« S'agit pas de mettre des gens à des places pour les récompenser de ci ou de ca, nous faut des compétences. On s'en fout de la politique, ce qu'on veut, c'est bosser ! » Résume un restaurateur.
D'été seulement, dortoir, ou animée toute l'année, la ville doit choisir son futur, et pas seulement pour son économie.
Le 22/07/2016 par ras dans
Pornichet : Attention ça ne rigole plus avec les animaux sur la plage
Le 20/07/2016 par mourain dans
Pornichet : Attention ça ne rigole plus avec les animaux sur la plage
Pornichet Infos : Flux RSS | Newsletter | Favoris | Plan du site | Galeries photos | Liens | Contact
Réseau Media Web :
Saint Nazaire | La Baule | Le Pouliguen | Le Croisic | Batz Sur Mer | Guérande | La Turballe | Saint Brevin | Angers | Nantes | Brest
136, avenue des Ondiness 44500 La Baule