L’affaire Rémy Roy reste une page sombre de l’histoire criminelle française où le Minitel, symbole de modernité, s’est transformé en instrument de prédation. Derrière l’écran, des rencontres anodines ont dégénéré en drames, et un homme apparemment ordinaire est devenu l’auteur d’actes effroyables. Cette histoire interroge la solitude, la manipulation et l’usage des nouvelles technologies pour commettre des crimes. En explorant les faits, vous découvrirez comment la traque s’est tissée entre indices numériques et témoignages humains.
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Quel parcours personnel a conduit Rémy Roy à basculer ?
Rémy Roy est né en 1958 et a grandi dans un cadre religieux et stable. Il se forme à la mer, devient skipper et fréquente le milieu nautique où il noue des contacts professionnels. Sa vie matrimoniale paraît classique : mariage avec une libraire et deux enfants.
La rupture survient à la fin des années 1980 lorsque son entreprise de vidéos échoue. L’échec professionnel déclenche isolement, dépression et perte de repères. Peu à peu, il se retire du monde extérieur et multiplie les heures en ligne sur le Minitel.
Le Minitel rose offre alors un espace où s’expriment fantasmes et frustrations refoulées. Ce qui commence comme un passe-temps se mue en obsession et en terrain d’expérimentation pour des comportements violents. Les experts ultérieurs identifieront chez lui un mélange de pulsions sadomasochistes et de honte liée à sa sexualité.
Quelles victimes et quel mode opératoire?
Les agressions attribuées au « tueur du Minitel » suivent une logique commune : rendez-vous via le Minitel, mise en scène SM et usage d’une violence extrême. Trois hommes trouvent la mort entre octobre et novembre 1990, et une quatrième victime survit. Les victimes ont en commun une confiance initiale accordée à un interlocuteur rencontré en ligne.
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Les corps ont été découverts ligotés et parfois dénudés, avec des marques suggérant des mises en scène sado-masochistes. Aucun élément biologique concluant lié à une relation sexuelle n’a systématiquement été relevé. L’auteur utilisait souvent un marteau et laissait des indices matériels ou volait des effets personnels.
| Date | Victime | Âge | Lieu | Constat |
|---|---|---|---|---|
| 11 octobre 1990 | Paul Bernard | 46 ans | Draveil | Retrouvé nu, ligoté, violent traumatisme crânien |
| 19–20 octobre 1990 | Gilbert Duquesnoy | 48 ans | Champigny-sur-Marne | Cagoule, chevilles liées, crâne fracturé |
| 17 novembre 1990 | Hugues Moreau | 41 ans | Paris 16ᵉ | Ligoté, divers objets SM, vols de papiers |
Comment les enquêteurs ont-ils reconstitué la piste du tueur?
La percée décisive intervient après la survie d’une victime qui refuse la mort et qui reconnaît son agresseur. Le témoignage du rescapé fournit une description, des circonstances et des indices matériels. Les enquêteurs relient ensuite ces éléments à des achats effectués avec des chèques volés.
Les équipes de police exploitent des images de magasins et des traces administratives laissées par l’auteur. Un enregistrement vidéo permet d’identifier le visage du suspect, et un journaliste d’un magazine nautique reconnaît immédiatement Rémy Roy. Ces convergences font basculer l’enquête vers une arrestation ciblée.
- Témoignage du survivant donnant un signalement précis
- Utilisation de chèques volés pour des achats repérés
- Images de vidéosurveillance et reconnaissance par un milieu professionnel
Quel déroulement pour le procès et quelle sanction?
Le procès s’ouvre en juin 1996 et attire l’attention des médias pour sa dimension technologique. Les débats mettent en lumière la place du Minitel dans la mise en relation des protagonistes et questionnent la responsabilité individuelle. Les psychiatres présents décrivent un sujet souffrant de conflits internes majeurs mais pleinement conscient.
Rémy Roy adopte une défense qui minimise la préméditation et évoque des réactions à des supposées provocations. Les éléments de fait et la mise en scène méthodique des crimes ne corroborent pas ce récit. Les jurés retiennent la responsabilité criminelle et la gravité des actes.
La décision tombe fin juin 1996 et la peine prononcée est la réclusion criminelle à perpétuité avec une période de sûreté de dix-huit ans. L’affaire marque un tournant médiatique et judiciaire quant aux risques liés aux premières formes d’interaction en ligne. Elle continue d’alimenter réflexions et analyses sur la prévention et la détection des comportements violents.
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Journaliste 2.0, Maëlys traque les tendances virales et les histoires qui font rire (ou grincer des dents). Originaire de Pornichet, elle mixe culture bretonne et memes avec un slogan : « Le buzz n’a pas de frontières… mais souvent une origine ! »
