Voyager pour guérir : cette thérapie est-elle vraiment efficace ?

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Thérapie par le voyage : un traitement vraiment efficace ?

Dans un monde où l’art-thérapie et la musicothérapie sont largement reconnues, la « thérapie par le voyage » commence également à gagner en popularité. Mais cette pratique peut-elle réellement servir de traitement efficace pour améliorer notre bien-être mental ? Voici quelques réflexions à ce sujet.

Qu’est-ce qui nous pousse à partir en vacances ? Est-ce l’envie de s’échapper d’un quotidien monotone, de s’éloigner des soucis, de se libérer l’esprit, ou simplement de suivre le mouvement ? Des chercheurs en Australie affirment que voyager peut être une forme efficace de thérapie pour maintenir une bonne santé mentale. Cependant, cela peut aussi induire du stress et de l’angoisse pour certains.

Traitement des troubles dépressifs, anxieux et cognitifs

En dépit des répercussions de la pandémie mondiale sur le secteur du tourisme, une étude récente de l’Université Edith Cowan (ECU) propose de voir les voyages non seulement comme une activité de loisir, mais aussi comme un traitement potentiel pour les troubles mentaux. Cette recherche établit un lien entre les expériences de voyage et les approches thérapeutiques.

Une équipe multidisciplinaire composée de spécialistes du tourisme, du marketing et de la santé publique a étudié l’effet des voyages sur des individus souffrant de démence.

Il s’avère que les vacances peuvent avoir des effets bénéfiques, notamment en offrant une stimulation cognitive, pour les personnes atteintes de dépression, d’anxiété ou de troubles mentaux.

« Les traitements contre la démence peuvent inclure la musicothérapie, l’exercice physique, la stimulation cognitive, la thérapie de réminiscence, la stimulation sensorielle, ainsi que des ajustements dans les horaires des repas et l’environnement du patient », explique le Dr Jun Wen, chef de l’étude. Ces bienfaits sont également présents durant les vacances.

De plus, se retrouver dans un nouvel environnement et vivre de nouvelles expériences peut offrir une stimulation cognitive et sensorielle très bénéfique pour ceux qui sont psychologiquement vulnérables. Voyager, c’est aussi savoir lâcher prise, découvrir de nouvelles aventures et enrichir sa perspective du monde.

Le voyage : un facteur de stress ?

Alors que pour certains, les vacances sont synonymes de rêve, pour d’autres, elles représentent un véritable cauchemar. Outre la peur de l’avion, une phobie courante pouvant déclencher des crises d’angoisse, le voyage peut être une source de stress pour certaines personnes. En effet, ceux qui sont déjà stressés à l’idée de prendre des vacances peuvent se sentir encore plus anxieux à l’idée de planifier un tel projet. Sofia, 30 ans, nous confie qu’elle préfère annuler des voyages potentiellement bénéfiques par peur de prendre du retard au travail ou de perdre le contrôle sur sa vie quotidienne. « De plus, il faut trouver du temps pour planifier un voyage, demander des jours de congé à mon employeur, et espérer qu’il les approuve. » Tous ces aspects peuvent augmenter l’anxiété et avoir l’effet contraire à celui recherché. La planification d’un séjour n’est pas toujours simple, surtout pour ceux qui tendent à procrastiner. Penser aux logements, aux billets d’avion, à l’organisation pendant l’absence, sont autant d’éléments stressants. Les personnes ayant des maladies cardiaques, par exemple, peuvent aussi craindre de voyager de peur que leurs problèmes de santé ne s’aggravent loin de chez eux. « Et si quelque chose m’arrivait ? ».

Un impact positif sur la santé physique

D’après l’étude australienne, non seulement les vacances favorisent la stimulation cognitive des voyageurs, mais elles améliorent aussi leur santé physique. Les voyages impliquent souvent une activité physique plus intense, comme la marche ou la course à pied, ce qui aide à combattre la sédentarité, souligne le Dr Wen. Outre les bienfaits pour le moral, l’activité physique aide à prévenir de nombreuses maladies. De plus, « les repas pendant les vacances sont souvent plus sociaux et partagés avec plusieurs personnes », constate le chercheur, qui note que les repas en famille peuvent avoir un impact positif sur les comportements alimentaires des patients atteints de démence. Enfin, ceux qui passent leurs vacances au soleil ou qui profitent de l’air frais bénéficient également d’une augmentation de leur taux de vitamine D et de sérotonine, l’hormone du bonheur.

Repenser le concept du voyage

Même si la crise sanitaire a affecté l’industrie du tourisme, le Dr Wen regrette son impact car « le tourisme améliore le bien-être physique et psychologique ». Après plus de deux ans de pandémie, « c’est le moment idéal pour redéfinir le rôle du tourisme dans la santé publique, non seulement pour les personnes en bonne santé mais aussi pour les individus vulnérables », affirme-t-il. Selon lui, les voyages devraient jouer un rôle plus important dans notre société moderne. C’est pourquoi des recherches supplémentaires sont prévues pour prouver que les voyages peuvent remplacer « les interventions médicales pour traiter diverses maladies telles que la démence ou la dépression ». 

En conclusion, que ce soit pour chercher des sensations fortes, combler un vide ou simplement trouver un environnement plus apaisant pour s’éloigner de la routine, voyager peut être thérapeutique pour certains et nécessaire pour d’autres. 

Explorer le monde pourrait être avant tout un moyen de se découvrir soi-même. Préparez vos bagages ! 

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